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1 Janvier, 19701 Janvier, 1970 5 commentaires Pratique D/s Pratique D/s

"Une Maîtresse ne fait pas ce genre de choses" m'écrivit un jour un internaute après avoir vu la série de photos où je me soumettais à Laïka au Cap d'Agde l'été dernier. Après m'avoir promis de ne jamais revenir sur le site, il concluait par ces mots, définitifs, "je n'aurais pas cru ça de vous".  De quoi me mettre au ban de la scène SM internationale, sans nul doute !

 

(Chronique publiée le 2 février 2003 dans la zone membre de jeune-soumise.net)

 

EN LISANT ces lignes je fut soudain saisie d'une évidence : pour ce lecteur, le scandale venait de ce que j'avais enfreint l'un des tabous fondamentaux du SM. A savoir que la maîtresse est éternellement, de droit divin, la Maîtresse, et que la soumise doit rester à sa place. C'est comme ça ! Et moi, petite débutante inexpérimentée, j'avais osé, dans ma folle ignorance, commettre ce crime de lèse-majesté, ce blasphème sans nom contre le SM.

 

L'aubePourtant, malgré cela je récidive et je n'en ai pas honte. D'abord parce que j'aime piétiner les préjugés, ensuite parce que je pense que se soumettre est une excellente façon pour un dominant de progresser et de faire progresser son esclave, et enfin... parce que j'aime ça et que je me trouve plutôt mignonne en soumise.

 

La plupart des dominants que je connais refusent de se mettre en danger. Et le fait d'accepter de laisser une soumise se venger de ce qu'on lui a fait par le passé en est assurément un. Le fait d'accepter d'être traités comme on a traité sa soumise leur fait affreusement peur, même s'ils ne l'avouent pas. Pourtant, grand est l'enrichissement que l'on obtient à ressentir la brûlure des coups, l'excitation de l'exhibition, l'alanguissement de l'obéissance, la flatterie d'une caresse après le feu de la douleur. Grande est la richesse que procure cette expérience à la Maîtresse qui, si elle sait ensuite exactement ce que va ressentir sa soumise, apprend aussi à être humble, à ne pas aller trop loin ou plutôt... à savoir jouer avec les limites.

 

Pour moi, les vrais Dominants sont ceux qui acceptent d'être esclave. Ceux que n'effraient ni la douleur, ni l'humiliation, ni la remise en cause. Ceux qui acceptent d'apprendre.

 

Ce n'est ni Dieu, ni le fait d'être un individu "supérieur", ni une quelconque appartenance sexuelle (machisme vs gynarchie), ni même le fait que vous en ayez "envie" qui vous donne le droit de poser durement la semelle de votre botte sur le dos d'une esclave. La confiance d'une soumise se gagne, elle ne se décrète pas. Pour être dominante il faut savoir ce que c'est qu'être esclave.

 

Lorsque vous avez connu l'effet d'une longue flagellation publique et que vous avez appris à maîtriser la douleur et la honte, à les canaliser et à en retourner le plaisir contre vous, vous n'êtes plus la même. Vous avez réussi à lutter contre vos sens, vous avez réussi à vous dominer. Quoi de plus évidemment nécessaire pour dominer autrui ? De cette victoire sur vous-même, les armes pour dompter votre esclave vous sont données. Vous pouvez transmettre un savoir à vos soumises : vous avez gagné leur respect, leur confiance et leur obéissance. Vous pouvez leur apprendre à souffrir pour être libre et à jouir de leur servitude.

 

Voilà pourquoi - je suis loin d'avoir fini d'apprendre -, je suis encore et toujours, chers lecteurs, votre humble servante.

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1 Janvier, 19701 Janvier, 1970 2 commentaires philosophie de comptoir philosophie de comptoir

Humilier: synonyme: mépriser.

vous méprisez votre soumis(e)? j'en doute, sinon vous ne seriez plus avec...

Humilier: définition: blesser une personne dans sa personnalité.

blesser, l'humiliation n'est pas l'équivalent d'une fessée cérébrale, non, mais d'un bon gros coup de poignard dans le bide. il faut parfois toute une vie pour guérir d'une humiliation, c'est pas rien. et ça ne peut pas faire du bien, exciter ou donner du plaisir... Ou alors on vire dans le pathologique et faut aller se faire soigner...

Bref, Humilier, c'est un acte grave, dur, et je me flatte de n'avoir jamais humilier qui que ce soit,

Ceci dit, la plupart du temps, humilier, dans le cadre BDSM est utilisé pour avilir ou dégrader, ce qui n'est pas tout à fait la même chose.

on peut avilir, dégrader sans humilier, puisque ça a surtout à voir avec la honte, l'image de soi, et les envie refoulée. Là on peut avoir du plaisir dans une situation avillissante, et on joue à plein dans la complexité de la psychée humaine.

Alors, la prochaine fois que vous affirmez humilier qui que ce soit... soyez dans le ton juste, avillissez, dégradez, et gardez l'humiliation pour les gens que vous méprisez.

 

1 Janvier, 19701 Janvier, 1970 2 commentaires Edito Edito

Quelle mouche a donc piqué Francis Dedobbeleer qui est, comme tout le monde le sait, l’un des organisateurs de la Nuit Démonia ? A la lecture de son « billet d’humeur » publié à l’issue de la dernière édition de cet événement qui s’est tenue à Paris en septembre, on est en droit de se poser la question.


(Chronique publiée en octobre 2002 dans la zone membre de Jeune-soumise.net)


SOUS SA PLUME
on lit que, à ses yeux, le public SM est « une petite minorité qui nous pourrit les soirées fétichistes depuis des années », qui nourrit des théories de « race sexuelle supérieure » et qui n’est composé que de « petits conservateurs de droite étriquée ».


Karolyn by Nath-Sakura

Je suis restée quelques instants assise et interloquée devant mon écran à lire ce brûlot anti-SM. Plusieurs minutes où j’ai relu à plusieurs reprises cette prose pour me convaincre de ce que je voyais. Qu’est-ce que ça veut dire ? Que serait le fétichisme sans les jeux de domination ? Et que serait le SM sans le fétichisme ? Les deux mondes, si tant est qu’il soient différents, s’alimentent l’un l’autre. La cravache que tient la superbe jeune femme photographiée pour illustrer le flyer de la Nuit Elastique du 12 janvier dernier, soirée qu’organise incidemment Francis Dedobbeleer, ne lui sert-elle vraiment que pour l’équitation ? Ou bien est-ce un symbole de son pouvoir et de sa capacité à mater les hommes ? Le corset de cuir verni baleiné que je fais quelquefois porter à ma soumise pendant nos séances ne sert-il qu’à faire briller sa taille ? Ou bien est-ce un moyen pour moi de la contraindre et de l’emprisonner afin de la maintenir sous ma coupe ?


L’imagerie fétichiste, les photographies d’Eric Kroll, de Christophe Mourthé ou de moi-même, les rythmes de Die Form et des Genitorturers, les créations de Demask et de Marquis, tout ce monde s’inspire des jeux de pouvoirs entre adultes consentants que nous aimons : les cagoules, les bâillons, les chaines, les talons aiguilles et les menottes.


Mais, pour Francis Dedobbeleer, la cause semble entendue. Ses « soirées fétichistes ne se sont jamais, strictement jamais, adressées aux adeptes du SM ». Il y a d’un côté ceux qui savent faire la fête, qui portent de superbes tenues latex, qui sont des gens ouverts et généreux et de l’autre côté, une vermine sadomasochiste, qui s’habille n’importe comment, arrogante, petite-bourgeoise et frustrée. Et bien sûr, pour Francis Dedobbeleer, qui a l’esprit ouvert, ces deux mondes sont bien cloisonnés, hermétiquement antagonistes et pour tout dire... sans points communs.


De quel côté de cette barrière - digne de celle qui ceinturait naguère Berlin-Est -, te places-tu aimable lecteur ? Si comme moi tu sens l’univers vibrer lorsque tu ordonnes à ta soumise de lacer tes hautes bottes, après avoir enfilé ta merveilleuse combinaison de latex et avant que d’utiliser ton fouet de cocher ? Fétichiste ou SM ? Artiste super-hype ou salaud pervers de droite ? Dépêche-toi de choisir : Francis Dedobbeleer, l’homme dont « les sites sont les leaders du genre sur le web » et dont « les soirées sont les plus grandes de France et de Belgique » (et modeste avec ça) est là pour décider de ton sort.


Pour moi il existe un troisième monde. Un endroit où les univers s’interpénètrent, se répondent et se fécondent mutuellement. Un lieu sacré où les petits bourgeois étriqués et les militants d’extrême-gauche (dont je suis et je le revendique) oublient le monde réel pour s’adonner à la plus belle façon d’aimer : celle dans laquelle le cuir verni et les coups de cravache déchirent les cadres tout tracés, remettent en cause l’ordre et les règles, réconcilient plaisir et douleur, faisant de la petite punkette ultra-sex moulée dans un corset Demask rencontrée à la Nuit Démonia une esclave soumise à mes pieds.


Une utopie réalisée où je peux rencontrer les gens que j’aime sans cloisons et sans interdits. N’en déplaise à Francis Dedobbeler.

1 Janvier, 19701 Janvier, 1970 1 commentaires Coup de gueule Coup de gueule

A lire les petites annonces ici et là, je suis toujours surprise de voir le nombre de "dominateurs expérimentés" que compte notre beau pays. C'est d'autant plus surprenant qu'ils sont infiniment peu nombreux dans la vie réelle, surtout lorsqu'on gratte un peu...


Le passeurJE ne me conçois pas, pour ma part, comme une "femme d'expérience". Et il ne me viendrait pas à l'idée d'utiliser ces termes pour me décrire. Qu'il s'agisse d'une petite annonce ou d'autre chose.

 

Ceux qui me connaissent savent pourtant que je suis loin d'être modeste. Je me trouve personnellement brillante, belle, subtile et cultivée. J'ai du goût, une situation sociale enviable et une jolie soumise. En revanche, si je sais que je me défends plutôt bien dans certains domaines de la domination, je suis loin d'imaginer que j'en ai fait le tour.

 

La vie se charge d'ailleurs de me le rappeler à intervalles réguliers. Je me suis retrouvé la semaine dernière, dans le rôle de l'esclave (une fois n'est pas coutume), au pied d'une excellente amie dominatrice du sud du pays répondant au nom cinglant de Salomé.

 

J'avais envie de faire le vide après une période difficile. Je savais que je pouvais m'abandonner dans ses bras et que je passerais un bon moment, loin de mes soucis, sans risques.

 

Après une petite cérémonie qui m'a beaucoup excitée, elle m'a fait agenouiller sur un coussin devant quelques amis. Elle m'a ensuite fait un bondage extraordinaire pour les sensations qu'il m'a procuré. Excessivement serré, à la fois complexe et subtilement simple, j'ai senti mon corps se réchauffer et le rythme de mon coeur s'accélerer sous la pression du chanvre. Les cordes ne cessaient de se surajouter les unes aux autres, jouant avec mes muscles, mon sang et ma peau de façon diabolique. Je ne pouvait plus bouger. L'une d'entre elles passa entre mes dents et tira ma tête brutalement en arrière. Mes bras étaient totalement immobilisés dans le dos, sans que l'engourdissement ne me gagne.

 

Mes seins étaient compressés. Je n'avais plus de contact avec mes jambes, dont d'ailleurs, je me fichais comme d'une cerise. Une corde, que Salomé tirait séchement, passait sur ma gorge et m'étouffait. Je savais que ma tortionnaire maîtrisait ses gestes et, plutôt que de céder à la panique, j'ai continué à me laisser emporter. J'avais chaud comme si l'on m'avait placé dans un autoclave. Mon ventre me brûlait. Ma respiration était oppressée et douloureuse. J'étais divinement bien.

 

J'étais "prise", mais infiniment bercée. Puis, au bout d'un temps qui m'a paru fort long et mille fois délicieux, j'ai fini par éprouver un orgasme inouï, qui a secoué tout mon corps pendant de longues minutes.Je revenais des étoiles.

 

J'y étais encore un peu.

 

J'en garde un souvenir d'une immense violence. Avant cette expérience, je pensais que le bondage était l'un des domaines où "je me défendais" plutôt bien. J'ai appris que le chemin était encore long pour que je parvienne à cette maîtrise.

 

Après cette séance, j'ai longuement discuté avec Salomé. J'ai appris un grand nombre de choses que j'ignorais, et qui m'ont permis de progresser depuis. Et, je suis très fière d'avoir pu, ce matin, donner un petit goût de ce que j'avais vécu à Laïka en utilisant ses conseils. Je n'oublie pas non plus, qu'avant de partir, Salomé m'a confié : "Tu sais, j'ai encore beaucoup à apprendre dans ce domaine".

 

Osez encore écrire que vous avez de l'expérience !

 

La photo utilisée pour illustrer cet article est issue de mon dernier ouvrage, Pervy Obsessions, disponible notamment à la FNAC.

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1 Janvier, 19701 Janvier, 1970 1 commentaires Philosophie Philosophie

"Fermez les yeux. Je vous guide. N'écoutez que ma voix. Je suis là. Confiez-moi votre destin, vos sens, votre volonté. Je suis la seule voix qui résonne dans votre esprit. Je suis votre raison et votre folie. Je m'occupe de tout, d'ailleurs, je suis tout. Je vous aime et c'est pour cette raison que je vous châtie. Vous n'êtes rien et vous absorbez toute mon attention. Vous êtes tout parce que je vous entoure, dans la tendresse et la douleur. "


Lilith libéréeLES MOTS, qui font sourire hors de leur contexte, touchent quelque chose d'infiniment profond en nous. Ils sont ceux-là même du charlatan qui nous divertit et nous hypnotise, du tyran qui nous charme et nous opprime, du père qui nous éduque et transpose sa vie sur la nôtre, du professeur qui nous instruit et nous fait rentrer dans le moule social, du dominateur qui nous fait jouir et nous outrage.

 

Ce sont aussi les mots du dieu que s'est donné notre civilisation. Iahvè est à la fois la divinité de la colère et de la miséricorde. Le Dieu qui nous crée — par le Verbe —, nous maintient en vie, nous tue, nous châtie et nous récompense, selon, nous aime et nous chasse de l'Eden, et nous fait souffrir toujours, dans cette "Vallée de larmes" qu'est notre vie terrestre et dont parle la Bible, enfin. De la violence des flèches de feu qui ravagèrent Sodome et Gomorrhe au rachat des fautes par la souffrance sur la croix, le dieu que s'est donné notre civilisation est tout à la fois notre Père, notre bourreau, et notre destin. On notera d'ailleurs au passage que si les textes saints sont infiniment loquaces sur les châtiments divins, qui y sont exposés dans leurs plus infimes détails, ils le sont considérablement moins sur la question des récompenses.

Notre civilisation masochiste s'est donné un Dieu sadique. Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles.

 

Certains d'entre nous, ainsi, se donnent des dieux, des sauveurs, des tribuns, des pères et des dominateurs. Pourquoi cela ? Pourquoi ce besoin irrépressible d'être dominés, châtiés, malmenés et dirigés ? Pour quelle raison saugrenue certains d'entre nous abdiquent-ils avec autant de bonheur leur libre arbitre ?

 

Il me vient plusieurs explications dont aucune ne me satisfait vraiment. Est-ce pour retrouver cette période de notre vie où, nouveau-nés, nous étions lavés, emmaillotés, habillés, punis, réprimandés, pris en charge par nos parents ? Est-ce, comme nous l'enseignent les ethologues contemporains, parce que l'acte de diriger provoque un stress sans limite et que les animaux qui vivent le plus longtemps sont ceux qui courbent l'échine et suivent les troupeaux ? Est-ce pour rendre à notre Créateur le libre-arbitre dont il a chargé nos épaules et qui nous encombre la métaphysique depuis tant de siècles ? Est-ce par perversité, pour faire souffrir ou tuer ce quelque chose en nous qui nous rend tantôt coupable, tantôt jaloux, tantôt cupide et tantôt amoureux ? Est-ce parce que certains d'entre nous sont terrifiés à l'idée de choisir, de risquer et de se tromper ? Est-ce pour être aimé, simplement, comme nous l'étions lorsque nous restions "bien sages", comme on nous le commandait aux premiers jours de notre vie ? Est-ce enfin par faiblesse, parce que certains d'entre nous sont faits pour cela ? Peut-être est-ce pour toutes ces raisons, et bien d'autres, à la fois.

En vérité, je l'ignore. Je ne suis à peu près certaine que de quelques petites choses. Parmi elles, je sais qu'il est bien plus valorisant et agréable d'être soumise que dominatrice. Car la première est au centre des regards. Elle est l'objet de l'attention complète de la seconde, qui doit veiller à tout, tout planifier et tout organiser. Même si la première est sensée servir la seconde. Je sais que le plaisir sexuel est permis à l'esclave (même s'il est souvent dégradant), quand il est défendu à la maîtresse, qui se rendrait soudain faible aux yeux de sa soumise, dans l'abandon. Je sais que l'esclave peut fermer les yeux, quand la maîtresse doit les garder grand ouverts. Je sais que l'esclave est délivrée de l'insupportable fardeau des décisions.

Je sais enfin que la faiblesse rend forte, l'emprisonnement libre, et la lumière aveugle.

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1 Janvier, 19701 Janvier, 1970 1 commentaires Divers Divers

Tu me le demandes et j’obéis. Ces mots simples que d’un regard tu requiers tandis que je me les arrache.

 

D’hier je garde ce bandeau sur mes yeux. Cette danse nue qui se confond avec l’ivresse et puis cette peau tendre qui enfin se joint à la mienne pour ne dégager plus qu’un seul parfum et la certitude de T’enflammer. Pour Toi, espérer et savourer chaque danse.

 

Mais cela n’est rien sans Ton soin à choisir mon vêtement, Ton regard quand tu m’habilles, le soin patient que Tu portes à lacer chaque œillet de mon corset, à l’attache élégante d’une jarretelle tandis que je m’impatiente de Tes bras … Tu me pares et me lies pour le sacrifice dépravé et m’y prépares, moi silencieuse sans autre pensée alors que n’être qu’à Toi, ne plaire que pour Toi et m’abandonner pour Toi.

 

Impatiente sybilline

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1 Janvier, 19701 Janvier, 1970 1 commentaires D/s SM D/s SM

7 Mois. Jour pour jour. Rencontre improbable, vision fugace de ton visage dans une voiture. Le coup de foudre, le hasard ? La nuit passe, les discussions s'enchaînent. Au bout de 20 minutes, le D/s SM fait déjà parti de nos (notre) vies. Echec en vue, trop belle pour moi ? Le jeu en vaut la chandelle. Je refuse de rentrer dans cet hôtel avec toi, tu vaux mieux que ça.

 

4 Mois. Jour pour jour. Trop de promiscuité, 3 mois de frustration. Être amis ? Être amants ? Pourquoi pas. Mais tu vaux toujours mieux que ça. Tout bascule. Les fantasmes, les questions, ton choix. Le hasard ? Toujours pas. Tu m'appartiens.

 

3 Mois. Jour pour jour. Premiers orages. L'heure des premiers choix pour moi. Relâcher ou resserrer notre étreinte : la réflexion n'a pas lieu d'être, l'abandon n'est pas mon genre. Lundi après-midi, du soleil, les yeux bandés, une vieille église, des bougies, une émotion palpable et notre union célébrée. Le lien devient physique, ma marque se porte à gauche, la tienne à droite, ton cou étreint mon collier et ta présence marque ma peau à jamais.

 

1 Mois. Jour pour jour. Questionnements, nouveau choix et changement de cap. Le soleil succède à une nuit pluvieuse et agitée. Te perdre ? J'y pense mais n'y crois guère. Tu vaux mieux que ça. Je retrouve ma place naturelle. Tu as besoin de moi, j'ai besoin de toi. La présence des autres ne m'affecte plus, je sais qui je suis pour toi. Ton Maître.

 

Mardi. Anniversaires en série. Je te vois heureuse et gaie, je le suis aussi.

 

Demain. Lien toujours tendu. Grandir et progresser ensemble, affronter les regards, punir tes erreurs et les pardonner, devenir toujours plus fort pour toi. Je ne crois pas au hasard et je n'aime pas l'échec. Tu as choisi de m'appartenir, et tu sais où je veux te conduire. Un lien toujours plus serré. Notre lien.

 

Ce lien qui marquera ma peau, je t'en fais la promesse.

 

 

à toi

1 Janvier, 19701 Janvier, 1970 1 commentaires Coup de gueule Coup de gueule

Ce sont des gens que vous pourriez connaître, ce pourraient même être des amis intimes dont vous auriez autrefois vanté l'intelligence et l'ouverture d'esprit. Moi, j'ai manifesté avec eux sous des banderoles portant l'inscription "libre option sexuelle entre adultes consentants" et on s'est battu ensemble pendant trois ans contre les préjugés et pour les droits de tous...


(Chronique publiée le 3 janvier 2003 dans la zone membre de Jeune-soumise.net)


MAIS LES ANNEES passent, et aujourd'hui, j'apprends qu'ils s'offusquent de ce que nous vivons, Laika et moi, et de ce qu'ils ont vu sur notre site Internet. Notez toutefois que s'ils désapprouvent, ils ont cependant épluché jusqu'à la plus infime page de notre site. Et pourtant, nous ne faisons qu'appliquer concrètement les principes pour lesquels nous nous sommes toujours battu.

 

MinaLaika et moi avons choisi librement de vivre une passion absolue, loin des codes arbitraires, de l'ennui des conventions et loin des imbéciles. Nous avons choisi librement de vivre une passion extrême, pleine de fureur, de force et d'amour. Bref nous avons choisi de vivre nos rêves. Nous sommes heureuses comme nous ne l'avons jamais été et aucun jour qui s'écoule ne ressemble à celui qui l'a précédé. Tout l'inverse de la vie que nous aurions eu si nous avions choisi la route que Vincent, Nelly et les autres ont décidé d'arpenter.

 

Mais bien sûr, les "braves gens n'aiment pas que l'on suive une autre route qu'eux", et ceux dont je vantais hier l'ouverture d'esprit et l'intelligence ont choisi de regagner le troupeau de ceux qui pensent "comme il faut". Cet état d'esprit où les jugements de valeur, les certitudes sur la vie et le confort des préjugés façonnent une barrière solide contre la prise de conscience de l'ennui profond qu'engendre leur façon de vivre. Et cet état d'esprit ne peut se maintenir qu'en rejetant tout ce que l'on ne comprend pas, tout ce qui est différent ou pire, tout ce dont on rêve sans pouvoir le réaliser.

 

Notre société ne se maintient que grâce à la frustration (sexuelle, intellectuelle, économique) du plus grand nombre. Parce que c'est de cette façon là que ceux qui nous dirigent (et je ne parle pas des politiques) peuvent exiger le maximum de tous, tout en garantissant que la société ne se remette pas en question, que ce soit du point de vue social, économique ou... sexuel. Parce que dans la période de ténèbres de l'esprit critique et de l'économie mondiale où nous sommes, le moindre choc pourrait ouvrir tout grand les vannes des aspirations humaines...

 

Il y a quelque chose de révolutionnaire dans le SM. Non pas dans son application concrète, mais bien dans son message profond : chaque individu est maître de son destin, même si son libre choix le porte à l'esclavage. Un esclavage voulu, désiré et porteur des plus belles émotions des sens. Y-a-t'il de plus grande liberté que de choisir de vivre enchaîné ? Tant de gens, le sont sans l'avoir jamais voulu, ni même s'en rendre compte.

 

Laïka et moi le clamons haut et fort : déviantes, mal-pensantes, anticapitalistes, combattives, agressives, extrêmes, entières et folles nous sommes... et nous le resterons.

1 Janvier, 19701 Janvier, 1970 1 commentaires Edito Edito

Il arrive, qu'à force de faire quelque chose, on en oublie la raison profonde. On aime habiller la femme qu'on aime en putain, lui apprendre à se tenir et à obéir, modeler son corps et son âme, la dresser pour en faire "la soumise idéale", l'hétaïre absolue... il arrive même qu'on relate ses aventures sur un site web. Mais au fait, pourquoi ?

 

(Chronique publiée le 23 décembre 2002 dans la zone membre de jeune-soumise.net)

 

J'AI EU ENVIE d'écrire cette chronique à l'issue d'une discussion que j'entretiens depuis près de deux semaines avec une superbe jeune femme qui vient régulièrement éclairer de sa présence notre chat.

 

Fetish minaComme beaucoup des femmes que j'ai eu le bonheur de connaître, il y a dans notre étrange façon de vivre, quelque chose qui l'attire et la rejette à la fois. Une terrible angoisse, qui naît au milieu du ventre, empêche de respirer et parfois de dormir. Une sourde extase de la face cachée de l'âme qui se sent soudain pousser des ailes, sans arriver cependant à les faire émerger de la chrysalide. Une suprême fascination.

 

Ce "quelque chose", c'est l'attirance du danger, la peur de l'absolu auprès duquel on se brûle les ailes, le gouffre sans fin des félicités où l'on sait qu'on perdra son âme... et d'où l'on renaîtra sans doute, transfiguré.

 

Parce que "notre étrange façon de vivre", qui nous fait nous encombrer d'un phénoménal bric-à-brac de cordes et de chaînes, de vêtements de cuir et de latex, de pinces et de mousquetons, de cravaches et de fouets, de masques à gaz et de harnais, cette étrange façon de vivre ne sert qu'un seul but : accéder au point culminant de l'explosion de nos sens et de nos psychés. En d'autre terme, célèbrer par le corps et par l'esprit l'amour sous sa forme la plus extrême et la plus absolue.

 

Qui n'a pas, dans le cadre d'une relation traditionnelle, rêvé de posséder ou d'appartenir à sa (son) partenaire ? Qui ne s'est jamais interrogé sur le sens profond de ces termes : "ma femme", "ma compagne" ou "mon mari" ? Quel couple ne s'est pas disputé violemment sur la question de la "conduite des affaires du ménage" ? Qu'est-ce qui se cache derrière cette phrase courante pendant l'amour : "prends-moi " ? Qui enfin n'a jamais été jaloux ?  Derrière tout ce qui vous semble courant et "normal", ne vous leurrez pas, il y a un enjeu de pouvoir et de possession.

 

Ce qu'on appelle communément l'amour, et qui n'est souvent qu'une bête facilité de la vie quotidienne, est un jeu qui ne va pas à son terme et se ment à lui-même. Un jeu de dupes qui garde pour lui le mauvais aspect des choses : la routine, la propriété administrative (le mariage en est une forme), le sexe conçu comme un acte physique... et emprisonne les rêves. Combien ai-je croisé de couples infidèles qui ne font que reproduire ce qu'ils connaissent déjà, dans une éternelle fuite en avant perdue d'avance ? Parce que souvent, ils ont cessé de croire en leurs rêves.

 

Notre "étrange façon de vivre" en constitue la face cachée, la face que l'on cherche sans trêve sans arriver à la trouver, trop engoncés que nous sommes dans les conventions, les habitudes et le confort. A la routine elle substitue la tentative permanente de nouveauté, et à la quotidienneté ménagère, la quotidienneté du combat entre deux consciences (Hegel appelait ça "la lutte à mort"). A la propriété socialement convenue du mariage elle substitue la propriété réelle et absolue de l'esclavage. Au sexe physique, elle rajoute l'ensemble des sensations (comment envisager une séance SM sans musique, sans odeur de bougie et sans... goût du risque ?), et l'ensemble de l'être (l'âme, l'esprit, la culture...). Au simple plaisir elle rajoute la douleur, qui fait vibrer les corps en harmonie avec le cosmos. Et à l'amour enfin... elle substitue la passion.

 

Pourquoi aurions-nous peur de nous brûler les ailes ? Puisque nous sommes des êtres humains et que ce sont pas elles qui nous permettent de voler. Et pourquoi ne pas accepter, une bonne fois pour toutes, l'inconcevable ?

 

(Les photos choisies pour illustrer mes chroniques ont été réalisées par moi, pour répondre à une question fréquemment posée)

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